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Droit à la Formation (CPF) Non Respecté : Vos Recours

Travail4 min de lecture

Cela fait des années que vous n'avez pas eu d'entretien professionnel. Aucune formation ne vous a été proposée depuis votre embauche. Votre demande d'utiliser votre CPF pendant le temps de travail a été refusée sans explication. Votre employeur a pourtant l'obligation légale de veiller à votre développement professionnel et de respecter vos droits à la formation. Lorsqu'il y manque, une mise en demeure peut le rappeler à ses obligations.

Comprendre vos droits à la formation

L'obligation d'adaptation de l'employeur

L'employeur est tenu d'assurer l'adaptation de ses salariés à leur poste de travail et de veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi. Cette obligation va au-delà des simples formations obligatoires liées à la sécurité : elle implique un véritable accompagnement de l'évolution professionnelle du salarié.

L'entretien professionnel

Tous les deux ans, l'employeur doit organiser un entretien professionnel consacré aux perspectives d'évolution du salarié : qualifications, changement de poste, promotion, formation. Cet entretien est distinct de l'entretien d'évaluation. Tous les six ans, un état des lieux récapitulatif doit vérifier que le salarié a effectivement bénéficié des entretiens et d'au moins une action de formation non obligatoire.

Le Compte Personnel de Formation

Le CPF appartient au salarié, pas à l'employeur. Vous êtes libre de choisir votre formation parmi les formations éligibles et de l'utiliser en dehors du temps de travail sans aucune autorisation. En revanche, si vous souhaitez suivre la formation pendant le temps de travail, l'accord de l'employeur est nécessaire (sur le calendrier et le contenu, sauf certaines formations éligibles de droit). L'employeur peut refuser qu'une formation CPF se déroule sur le temps de travail.

Les étapes pour agir

La demande écrite

Formalisez votre demande de formation ou d'entretien professionnel par écrit. Si vous souhaitez utiliser votre CPF pendant le temps de travail, adressez une demande selon les formes et délais prévus.

La relance amiable

Si votre demande reste sans réponse ou est refusée sans motif, relancez par écrit en rappelant les obligations de l'employeur en matière de formation et d'entretiens professionnels.

La mise en demeure

En cas de blocage persistant, la mise en demeure par lettre recommandée formalise votre réclamation. Elle rappelle les manquements constatés (absence d'entretiens, refus de formation, non-respect du CPF) et somme l'employeur de régulariser la situation.

Créer ma mise en demeure

Les recours

Le conseil de prud'hommes peut condamner l'employeur à des dommages et intérêts pour manquement à son obligation de formation. Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, le non-respect des obligations relatives aux entretiens professionnels peut, sous certaines conditions, entraîner un abondement correctif du CPF du salarié.

Cas particuliers

Le refus répété du CPF pendant le temps de travail

L'employeur peut refuser le calendrier proposé, mais des refus systématiques et répétés sans motif légitime peuvent constituer un manquement à l'obligation de formation. Le salarié peut alors réaliser la formation hors temps de travail ou saisir les prud'hommes.

La formation après un long arrêt maladie

Au retour d'un arrêt maladie prolongé, l'employeur doit veiller à la réadaptation du salarié à son poste, ce qui peut inclure une formation. Le refus d'adapter le poste ou de former le salarié peut constituer un manquement.

Ce qu'il faut retenir

  • L'employeur a l'obligation de former ses salariés et de veiller à leur employabilité.
  • L'entretien professionnel tous les deux ans est obligatoire, avec un bilan à six ans.
  • Le CPF est un droit personnel du salarié, utilisable librement hors temps de travail. Sur le temps de travail, l'accord de l'employeur est nécessaire.
  • La mise en demeure rappelle à l'employeur ses obligations et prépare un éventuel recours.

Créer ma mise en demeure pour droit à la formation non respecté

Pour aller plus loin


Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. En cas de doute sur votre situation, nous vous recommandons de consulter un avocat ou une association de consommateurs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que le Compte Personnel de Formation (CPF) ?

Le CPF est un dispositif qui permet à tout actif d'acquérir des droits à la formation tout au long de sa vie professionnelle. Il est alimenté automatiquement chaque année (500 euros par an pour un temps plein, plafonné à 5 000 euros). Vous êtes libre de l'utiliser pour des formations certifiantes de votre choix.

Mon employeur peut-il m'empêcher d'utiliser mon CPF ?

Si vous utilisez votre CPF en dehors du temps de travail, l'accord de l'employeur n'est pas nécessaire. En revanche, si la formation se déroule pendant le temps de travail, l'accord de l'employeur est requis (sur le calendrier et le contenu, sauf formations éligibles de droit). L'employeur peut donc refuser qu'une formation CPF ait lieu sur le temps de travail.

Quelles sont les obligations de l'employeur en matière de formation ?

L'employeur doit assurer l'adaptation des salariés à leur poste de travail et veiller au maintien de leur capacité à occuper un emploi. Il doit organiser un entretien professionnel tous les deux ans et un bilan à six ans. Le manquement à ces obligations peut, sous certaines conditions, donner lieu à des abondements correctifs sur le CPF du salarié.

Que se passe-t-il si l'entretien professionnel n'a pas eu lieu ?

Dans les entreprises d'au moins 50 salariés, si l'entretien professionnel n'a pas été réalisé et que le salarié n'a bénéficié d'aucune formation non obligatoire sur six ans, l'employeur doit abonder le CPF du salarié d'un montant déterminé par la loi.

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Ce contenu est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique au sens de la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971. Il peut ne pas refléter les évolutions législatives ou jurisprudentielles les plus récentes. En cas de doute sur votre situation, consultez un avocat ou un professionnel du droit.

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