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Sous-Traitance : L'Action Directe en Paiement

Commercial & B2B4 min de lecture

Vous avez réalisé des travaux en tant que sous-traitant, votre prestation est terminée, mais l'entrepreneur principal ne vous paie pas. Les relances s'accumulent, les promesses de virement ne se concrétisent pas, et votre trésorerie souffre. Avant de vous résigner à une procédure longue et coûteuse, sachez que la loi vous offre un recours puissant : l'action directe en paiement auprès du maître d'ouvrage. Une mise en demeure est le préalable indispensable pour exercer ce droit.

Comprendre l'action directe en paiement

Le principe de l'action directe

La loi sur la sous-traitance accorde au sous-traitant accepté le droit de se faire payer directement par le maître d'ouvrage (le client final du chantier) lorsque l'entrepreneur principal est défaillant. Ce mécanisme protège le sous-traitant, maillon souvent fragile de la chaîne du BTP, contre les difficultés de paiement de l'entrepreneur.

Les conditions préalables

Pour exercer l'action directe, trois conditions doivent être réunies. Le sous-traitant doit avoir été accepté par le maître d'ouvrage -- c'est-à-dire que le maître d'ouvrage doit avoir eu connaissance de son intervention et l'avoir approuvée. Les conditions de paiement du sous-traitant doivent avoir été agréées par le maître d'ouvrage. Le sous-traitant doit avoir mis en demeure l'entrepreneur principal de le payer, et cette mise en demeure doit être restée infructueuse.

La copie au maître d'ouvrage

Lorsque le sous-traitant met en demeure l'entrepreneur principal, il doit adresser simultanément une copie de cette mise en demeure au maître d'ouvrage. C'est cette notification qui déclenche l'obligation du maître d'ouvrage de bloquer les sommes correspondantes et de les verser directement au sous-traitant.

Les étapes pour agir

La mise en demeure de l'entrepreneur principal

Envoyez une mise en demeure par lettre recommandée à l'entrepreneur principal pour le paiement des sommes dues. Cette mise en demeure est un préalable obligatoire à l'action directe.

La notification au maître d'ouvrage

Simultanément, adressez une copie de la mise en demeure au maître d'ouvrage en lui demandant de bloquer les sommes correspondantes. Joignez les justificatifs de votre créance : contrat de sous-traitance, factures, situations de travaux, preuve de l'acceptation.

Créer ma mise en demeure

L'action directe proprement dite

Si l'entrepreneur principal ne paie pas dans le délai imparti, vous pouvez exercer l'action directe auprès du maître d'ouvrage. Celui-ci est alors tenu de vous payer dans la limite des sommes qu'il doit encore à l'entrepreneur principal pour les travaux concernés.

Le recours judiciaire

Si le maître d'ouvrage refuse de payer, saisissez le tribunal compétent pour faire constater votre droit à l'action directe et obtenir le paiement forcé.

Cas particuliers

Le sous-traitant non déclaré

Si le sous-traitant n'a pas été accepté par le maître d'ouvrage (sous-traitance "occulte"), l'action directe n'est en principe pas possible. Cependant, le sous-traitant peut engager la responsabilité de l'entrepreneur principal et, dans certains cas, celle du maître d'ouvrage qui avait connaissance de la sous-traitance.

La sous-traitance en chaîne

Si vous êtes sous-traitant d'un sous-traitant (sous-traitance de second rang), vous bénéficiez également de l'action directe, à condition que votre acceptation et vos conditions de paiement aient été agréées par le maître d'ouvrage.

L'entrepreneur principal en liquidation

En cas de liquidation judiciaire de l'entrepreneur principal, l'action directe prend tout son sens : elle vous permet d'être payé directement par le maître d'ouvrage, sans être soumis à la procédure collective et au risque de ne récupérer qu'une fraction de votre créance.

Ce qu'il faut retenir

  • L'action directe permet au sous-traitant de se faire payer par le maître d'ouvrage en cas de défaillance de l'entrepreneur principal.
  • La mise en demeure de l'entrepreneur principal est obligatoire avant d'exercer l'action directe.
  • L'acceptation et l'agrément sont indispensables : faites-vous connaître du maître d'ouvrage dès le début du chantier.
  • Envoyez une copie de la mise en demeure au maître d'ouvrage pour bloquer les sommes en votre faveur.

Créer ma mise en demeure pour action directe en paiement

Pour aller plus loin


Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. En cas de doute sur votre situation, nous vous recommandons de consulter un avocat ou une association de consommateurs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que l'action directe en paiement du sous-traitant ?

C'est le droit pour un sous-traitant de se faire payer directement par le maître d'ouvrage (le client final) lorsque l'entrepreneur principal ne le paie pas, à condition que le sous-traitant ait été accepté par le maître d'ouvrage et que ses conditions de paiement aient été agréées.

Quelles conditions faut-il remplir pour exercer l'action directe ?

Le sous-traitant doit avoir été accepté par le maître d'ouvrage et ses conditions de paiement doivent avoir été agréées. De plus, le sous-traitant doit avoir mis en demeure l'entrepreneur principal de payer, sans résultat. Enfin, le maître d'ouvrage ne doit pas avoir déjà réglé l'entrepreneur principal pour les travaux concernés.

Le maître d'ouvrage peut-il refuser de payer le sous-traitant ?

Le maître d'ouvrage ne peut refuser que dans des cas limités : s'il a déjà payé l'entrepreneur principal pour les travaux, si le sous-traitant n'a pas été régulièrement accepté et agréé, ou si le montant réclamé dépasse ce qu'il doit encore à l'entrepreneur principal.

L'action directe est-elle possible dans le secteur public ?

Oui. Dans les marchés publics, le sous-traitant bénéficie même du paiement direct, qui est obligatoire et se substitue à l'action directe. Le maître d'ouvrage public paie directement le sous-traitant sans que celui-ci ait besoin d'en faire la demande.

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Ce contenu est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique au sens de la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971. Il peut ne pas refléter les évolutions législatives ou jurisprudentielles les plus récentes. En cas de doute sur votre situation, consultez un avocat ou un professionnel du droit.

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