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Travaux Non Autorisés en Copropriété : Faites Remettre en État

Copropriété3 min de lecture

Un copropriétaire de votre immeuble a abattu un mur porteur pour agrandir son salon. Un autre a changé ses fenêtres sans respecter l'harmonie de la façade. Un troisième a installé une véranda sur sa terrasse sans autorisation de l'assemblée générale. Ces travaux, réalisés sans l'accord requis, peuvent compromettre la solidité de l'immeuble, altérer son esthétique et porter atteinte aux droits de tous les copropriétaires.

En copropriété, certains travaux ne peuvent être réalisés qu'après un vote favorable de l'assemblée générale. Quand un copropriétaire passe outre cette obligation, le syndicat et les autres copropriétaires disposent de recours pour exiger la remise en état. La mise en demeure est le premier acte formel de cette démarche.

Comprendre vos droits

Les travaux soumis à autorisation

Deux catégories de travaux nécessitent un vote de l'AG. Les travaux affectant les parties communes (percement de mur porteur, modification de canalisation, aménagement de combles touchant la charpente) et les travaux modifiant l'aspect extérieur de l'immeuble (changement de fenêtres, installation de volets, pose de climatisation visible, modification de façade). Le vote s'effectue à la majorité prévue par la loi selon la nature des travaux.

La remise en état

Lorsque des travaux ont été réalisés sans autorisation, le syndicat ou tout copropriétaire peut exiger la remise en état aux frais du copropriétaire fautif. Le tribunal peut ordonner cette remise en état sous astreinte (somme par jour de retard).

La ratification a posteriori

L'AG peut choisir de ratifier les travaux déjà réalisés, mais rien ne l'y oblige. Si elle refuse, le copropriétaire devra remettre les lieux dans leur état antérieur.

Les étapes pour agir

Étape 1 : Signaler au syndic

Informez immédiatement le syndic des travaux non autorisés. Joignez des photos et toute preuve de la nature des travaux. Si les travaux sont en cours, demandez au syndic d'intervenir pour les faire cesser.

Étape 2 : La mise en demeure

Envoyez une mise en demeure au copropriétaire fautif par recommandé (ou demandez au syndic de le faire). Elle décrit les travaux réalisés sans autorisation, rappelle l'obligation de vote en AG et exige la remise en état dans un délai précis.

Créer ma mise en demeure

Étape 3 : Le recours judiciaire

Si le copropriétaire refuse la remise en état, saisissez le tribunal pour obtenir une condamnation à remettre les lieux en état sous astreinte. En cas de travaux en cours présentant un danger (mur porteur touché), la procédure de référé permet une décision en urgence.

Ce qu'il faut retenir

  • Les travaux touchant les parties communes ou l'aspect extérieur nécessitent un vote de l'AG.
  • La remise en état peut être exigée aux frais du copropriétaire fautif.
  • La mise en demeure est le préalable indispensable avant toute action judiciaire.
  • En cas de danger, la procédure de référé permet une intervention rapide du juge.

Créer ma mise en demeure pour travaux non autorisés

Pour aller plus loin


Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. En cas de doute sur votre situation, nous vous recommandons de consulter un avocat ou une association de consommateurs.

Questions fréquentes

Quels travaux nécessitent l'autorisation de l'assemblée générale ?

Tous les travaux affectant les parties communes ou l'aspect extérieur de l'immeuble nécessitent un vote en AG : modification de façade, percement de mur porteur, changement de fenêtres, installation de climatisation visible, aménagement de combles. Les travaux purement intérieurs aux parties privatives sont libres.

Que faire si un copropriétaire a percé un mur porteur sans autorisation ?

Signalez immédiatement la situation au syndic et demandez une expertise structurelle. Envoyez une mise en demeure au copropriétaire fautif exigeant la remise en état. Le tribunal peut ordonner la remise en état sous astreinte et condamner le copropriétaire à indemniser les dommages.

Le syndic peut-il faire stopper des travaux non autorisés en cours ?

Le syndic peut mettre en demeure le copropriétaire de cesser les travaux et, en cas d'urgence, saisir le juge des référés pour obtenir l'arrêt immédiat du chantier. La rapidité d'action est essentielle pour limiter les dommages.

Un copropriétaire peut-il régulariser des travaux après coup ?

L'assemblée générale peut voter la ratification de travaux déjà réalisés, mais elle n'y est pas obligée. Si l'AG refuse la ratification, le copropriétaire devra remettre les lieux en état à ses frais.

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Ce contenu est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique au sens de la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971. Il peut ne pas refléter les évolutions législatives ou jurisprudentielles les plus récentes. En cas de doute sur votre situation, consultez un avocat ou un professionnel du droit.

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