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Vice Caché en B2B : Comment Agir entre Professionnels

Commercial & B2B4 min de lecture

Vous avez acheté une machine, un véhicule utilitaire, un équipement informatique ou toute autre fourniture pour votre activité professionnelle, et un défaut grave se révèle après l'achat. Ce défaut n'était pas visible lors de la vente et rend le bien inutilisable ou nettement moins performant que prévu. Vous êtes confronté à un vice caché -- une situation que le droit français encadre et qui vous donne des leviers d'action, même entre professionnels. La première étape formelle est l'envoi d'une mise en demeure au vendeur.

Comprendre le vice caché entre professionnels

Les trois conditions du vice caché

Pour invoquer la garantie des vices cachés, trois conditions doivent être réunies. Le défaut doit être caché : il ne devait pas être apparent lors de l'achat, même après un examen attentif. Le défaut doit être grave : il rend le bien impropre à son usage normal ou diminue significativement cet usage. Le défaut doit être antérieur à la vente : il existait au moment de l'achat, même s'il ne s'est manifesté qu'après.

La particularité des relations B2B

Entre professionnels, la protection est moins favorable qu'entre un professionnel et un consommateur. Un acheteur professionnel de la même spécialité que le vendeur est présumé avoir une compétence lui permettant de déceler certains défauts. De plus, les clauses contractuelles limitant ou excluant la garantie des vices cachés sont valables entre professionnels, à condition qu'elles aient été acceptées.

Le vendeur professionnel de même spécialité

Le vendeur professionnel de même spécialité que l'acheteur ne bénéficie pas de la présomption de bonne foi. Il est présumé connaître les vices de la chose vendue, ce qui ouvre droit à des dommages et intérêts en plus de la résolution ou de la réduction du prix.

Les étapes pour agir

Constater le vice

Faites constater le défaut par un expert indépendant ou documentez-le de manière détaillée (photos, vidéos, rapports techniques). Le constat doit démontrer que le défaut était caché au moment de l'achat et qu'il est suffisamment grave.

La relance amiable

Informez le vendeur par écrit dès la découverte du vice. Décrivez le défaut, joignez les éléments de preuve et proposez une solution : remplacement, réparation, résolution de la vente ou réduction du prix.

La mise en demeure

Si le vendeur ne réagit pas, envoyez une mise en demeure par lettre recommandée. Elle décrit le vice constaté, rappelle la garantie légale applicable, et demande la résolution de la vente ou la réduction du prix dans un délai déterminé.

Créer ma mise en demeure

L'action en justice

Le tribunal de commerce est généralement compétent entre commerçants. La juridiction peut varier selon la qualité des parties (artisans, professions libérales, etc.) et les clauses du contrat. Vous pouvez demander une expertise judiciaire pour établir l'existence et la gravité du vice, puis obtenir la résolution de la vente, la réduction du prix ou des dommages et intérêts.

Cas particuliers

La clause exclusive de garantie

Si le contrat exclut la garantie des vices cachés, cette clause est en principe valable entre professionnels. Cependant, si le vendeur est un professionnel de la même spécialité, la clause peut être écartée dans certaines conditions, notamment lorsque la connaissance du vice par le vendeur est établie. L'appréciation dépend des circonstances et de la rédaction de la clause.

La chaîne de contrats

Si vous êtes revendeur et que votre client final se plaint d'un vice caché, vous pouvez exercer une action récursoire contre votre propre fournisseur. Les délais de prescription sont indépendants pour chaque contrat de la chaîne.

Ce qu'il faut retenir

  • Le vice caché doit être caché, grave et antérieur à la vente pour ouvrir la garantie.
  • Entre professionnels, les clauses limitatives sont possibles mais pas absolues.
  • Agissez dans les deux ans suivant la découverte du vice.
  • La mise en demeure est la première étape formelle pour obtenir réparation.

Créer ma mise en demeure pour vice caché B2B

Pour aller plus loin


Les informations contenues dans cet article sont fournies à titre informatif et ne constituent pas un conseil juridique personnalisé. En cas de doute sur votre situation, nous vous recommandons de consulter un avocat ou une association de consommateurs.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'un vice caché en droit commercial ?

Un vice caché est un défaut non apparent au moment de l'achat, qui rend le bien impropre à l'usage auquel il est destiné ou qui diminue tellement cet usage que l'acheteur ne l'aurait pas acquis ou en aurait offert un prix inférieur.

Quel délai pour agir en cas de vice caché entre professionnels ?

L'action doit être engagée dans un délai de deux ans à compter de la découverte du vice. Ce délai court à partir du moment où vous avez connaissance du défaut, pas à partir de l'achat.

Un professionnel est-il moins protégé qu'un consommateur en matière de vices cachés ?

Oui, dans une certaine mesure. Entre professionnels de la même spécialité, l'acheteur est présumé connaître les défauts liés à son domaine d'expertise. De plus, les clauses contractuelles limitant ou excluant la garantie des vices cachés sont valables entre professionnels.

Que peut-on obtenir en cas de vice caché ?

Deux options : la résolution de la vente (restitution du bien contre remboursement du prix) ou la réduction du prix. Si le vendeur connaissait le vice, il peut être condamné à des dommages et intérêts supplémentaires.

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Ce contenu est fourni à titre d'information générale et ne constitue pas un conseil juridique au sens de la loi n°71-1130 du 31 décembre 1971. Il peut ne pas refléter les évolutions législatives ou jurisprudentielles les plus récentes. En cas de doute sur votre situation, consultez un avocat ou un professionnel du droit.

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